Le plus compliqué en triathlon c’est la planification.
D’abord la planification des entrainements. Il est évident
que la pratique de 3 disciplines demande un investissement et des sacrifices
personnels très importants. Contrairement au running où une paire de chaussures
peut faire l’affaire, la natation demande….une piscine et donc des horaires
précis, et le vélo demande…des sorties de 4 à 8h. Finalement, vous êtes
perpétuellement en train de courir après le temps pour caler une séance d’entrainement entre
la famille, le boulot (oui quand même) et les potentiels autres loisirs ou
temps libres restant sur les 48h que composent une journée de triathlète:
- « Tiens il est 23h, si je me faisais une séance de HomeTrainer ? »
- « 5h du mat ? Si je pars tout de suite je peux me faire 1h d’endurance active running»
- #En pleine réunion à 20h# «Excusez-moi je vais devoir vous laisser mais j’ai un autre rdv »…entendez par là : j’ai piscine !
Bref les entrainements triathlon sont chronophages.
Ensuite vous avez la planification des compétitions…là aussi
une gageure ! Conditions météorologiques obligent en France, les
triathlons se déroulent entre les mois de Mai et Septembre. Ensuite chômage
sportif pour tous….Alors quand j’ai vu qu’il lançait le 1er triathlon
CD international à Agadir en Novembre…je n’ai pas hésité !...
Me voilà donc à Agadir, sur une plage magnifique, face à
l’Océan Atlantique. Il fait plus de 20°, du bonheur…L’équipe E&Y ITRA est
quasiment au complet. Ben avec moi sur la ligne de départ et Elwalid et Raph
dans les tribunes avec appareils photos et banderoles.
Au parcours, un triathlon dit Courte Distance (CD) : 1km5
de natation, 40 bornes de vélo et 10km de course à pied sur le remblai.
Le départ est donné sur la plage et les concurrents se ruent
dans l’eau en essayant de passer les vagues énormes qui se forment. Nous ne
sommes qu’une centaine de participants. Ça change des 2000 fous lors de l’Ironman
de Nice, c’est d’ailleurs plutôt agréable. C’est la première fois que je nage
aussi tranquillement. Pas de coup de poing, pas de vague humaine qui me passe
dessus…par contre une houle qui me fait boire pas mal de tasses.
Je passe la première bouée sans trop dériver et reviens vers
la rive pour la sortie dite à l’australienne (on sort de l’eau en courant pour
repartir un tour en mer). Elwalid et Raph sont là et m’encourage.
Le 2eme tour est sans encombre et me fait sortir de l’eau 39ème
alors que Ben, dit le « Triton » est déjà à une belle 10ème
place.
Je grimpe sur mon vélo…enfin « un » vélo…Oui le Maroc
c’est beau, c’est chaud et y a des chameaux… mais c’est loin. Avec Ben on a été
obligé de louer des vélos sur place. Pour ma part j’ai réussi à dégoter un Giant
Trinity mais sans pédale automatique….haiiii et avec changement de vitesse sur le
prolongateur modèle chrono…oups jamais utilisé…avec le vent ça va être sympa de
jouer les équilibristes.
Sans pédale automatique, ça fait vraiment bizarre. Seules
les cuisses sont sollicitées. Je pousse à mort et dans la première grande ligne
droite je croise Ben qui est dans l’autre sens. Il a environ 5min d’avance. Le
voir me motive et je m’accroche. Cependant il n’y a pas grand monde pour faire
des relais et le vent est tout simplement monstrueux. Je reste scotché sur
place comme si j’étais sur mon home trainer.
Au bout de 10km était annoncé une petite côte…je prends le
rond-point et tourne à droite et la THE WALL. Une côté de 12% sur 5 bornes vent
de face. Je suis debout sur mon vélo et essaye de pousser mais rien y fait je
n’avance pas. En fin de côte, je croise Ben qui descend, j’ai repris un peu de
temps quand même. Arrivé en haut nous faisons ½ tour et c’est repartit vent de
dos cette fois-ci, vroooooooouuum !
Grâce à mon acharnement je rattrape Ben lors de la 2ème
montée. Il est descendu de son vélo, vaincu par ce mur de pierre. Nous restons
ensemble et je prends le premier relais…puis le 2eme…puis le 3eme…He Ben tu
dors ? Il est vidé et n’arrive pas à relancer. Il se cale dans ma roue et
nous filons vers la zone de transition.
Lorsque je descends du vélo une crampe à l’estomac me
terrasse. Je reste plié quelques secondes et file en espérant que ça parte. Je
démarre sur un bon 16 à l’heure mais m’aperçoit rapidement que je ne pourrai
pas le tenir.
J’ai mal au ventre, le souffle court. Ben est 50m derrière moi. Le tracé running est composé de 3 boucles sur le remblai, un chemin de croix avec mes maux de ventre. Je lutte, m’accroche et m’effondre au dernier tour, je suis au ralenti. Ben me rattrape et me porte littéralement jusque la ligne d’arrivée.
J’ai mal au ventre, le souffle court. Ben est 50m derrière moi. Le tracé running est composé de 3 boucles sur le remblai, un chemin de croix avec mes maux de ventre. Je lutte, m’accroche et m’effondre au dernier tour, je suis au ralenti. Ben me rattrape et me porte littéralement jusque la ligne d’arrivée.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire