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26/11/2011
Quel Défi !
Il y a un an je ne savais pas nager le crawl et je n’avais
pas touché un vélo depuis des années (à l’époque des cales pied en cuir). Et
pourtant, toujours en quête de défis fous, Félix, le Prez et moi nous sommes
mis en tête de finir ce qui est considéré comme le triathlon le plus dur du
monde : l’EmbrunMan. 3km8 de natation, une étape du tour de France en vélo
avec la terrible montée de l’Izoard et un marathon pour finir…du très costaud.
Après seulement 8 mois d’entrainement de natation et à peine
500 bornes au compteur vélo, nous voici à Embrun, devant le lac de Serre Ponçon
tout juste éclairé par la pleine lune. Il est 5h30.
6h, le départ est donné et les 900 concurrents se ruent avec
envie dans ce lac à 15°. Le parcours est
balisé grâce à des bouées illuminées et quelques bateaux. Au programme 2 tours
dans cette eau trouble où l’on devine les algues qui tapissent le fond du lac.
Je mets quelques minutes à prendre un bon rythme et trouver une place où je ne
me fais pas taper dessus. Malheureusement je suis un peu excentré et je dois
régulièrement corriger ma trajectoire pour viser les bouées.
A la fin du premier tour, je soleil commence à se lever et
j’aperçois de plus en plus de monde sur les berges. L’eau se réchauffe ou alors
c’est l’effort que je produis mais quoiqu’il en soit je n’ai plus froid.
Et hop, 2 tours. Je suis plutôt content de ma nat et
pourtant quand j’arrive, le parc à vélo est bien vide. Felix est déjà là, prêt ;
le Prez se change…je suis bon dernier…finalement la glisse n’était pas si bonne
que ça !
Le temps que je me change, tout le monde est parti. Je
grimpe sur mon vélo et file. Je pars sur un bon rythme et je rattrape Emeric après
une dizaine de km en haut du premier col. De suite je pense à mon UTMB qui va
se dérouler dans 2 semaines. Je décide de lever le pied et c’est partit pour un
Very Very long trip avec le Prez.
Le parcours vélo est tout simplement magnifique, des
paysages à couper le souffle mais aussi des montées à vous exploser le cœur.
L’Izoard est terrible, une moyenne de 7% avec des pics à 10%-15%. On lutte avec
le prez, on serre les dents. L’oxygène se fait de plus en plus rare et les
muscles le ressentent. Avec l’altitude,
la végétation se fait moins dense jusqu’à disparaître totalement pour arriver à
la Casse Déserte, nom mythique de ce lieu où de nombreux Tour de France se sont
joués.
Nous profitons du ravitaillement au sommet pour nous alimenter
et nous couvrir. La descente est difficile, des virages en épingles à négocier
à plus de 60 km/h. La moindre faute de trajectoire se paye directement. Il faut
être vigilent et en même temps agressif pour gagner du temps. Un paradoxe complexe
et dangereux.
Le reste du parcours vélo n’est pas en reste, des longues
lignes droites vent de face et des montées sèches qui finissent de nous achever
alors que le soleil nous accable.
Arrivés au parc à vélo, les jambes sont raides. Emeric se
fait faire un petit massage des mollets pendant que je m’enduis d’une triple
couche de crème solaire. Ça cogne sévère et les prochaines heures sur le bitume
vont être terrible.
Le tracé marathon est composé de 2 boucles avec un passage
très sympa dans la rue piétonne d’Embrun où les spectateurs, assis sur les
terrasses des cafés nous encouragent. Le reste est un peu monotone, des petites
côtes, un ruisseau à traverser mais pas grand monde autour.
Nous partons sur un petit 12 à l’heure mais le souffle est
court. Le vélo a laissé des traces et nous mettons de grosses minutes avant de
pouvoir courir correctement. En fonction de notre état de forme, nous marchons
un peu, puis on recourt…une méthode Cyrano désordonnée mais qui nous permet
d’avancer et de gagner pas mal de place.
Tous les concurrents sont à terre. Les 10h d’efforts, la
chaleur étouffante et un parcours marathon pas si plat que ça, ont eu raison
des organismes. Nous nous arrêtons devant chaque fontaine, chaque robinet afin
de nous rafraîchir.
La nuit tombe à la fin du premier tour. Avec la fatigue je
me prends une racine et m’écroule comme une # !@% par terre. J’ai le genou
et la main en sang et il me faut quelques minutes pour me remettre. Le prez
m’hurle dessus et on repart rapidement, plus que….21km !!! Quand même
oui !
Le dernier tour n’est que souffrance. On marche beaucoup, on
parle peu. Finalement seuls les 100 derniers mètres sont salvateurs lorsque
l’on entend au loin le speaker scander nos noms et Félix hurler à ses côtés. On
accélère et franchissons la ligne d’arrivée main dans la main.
Nous sommes des Embrunmen !!


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